Le Fort de Queuleu intégré dans le parcours « Chemins de mémoire »

Le Fort de Queuleu intégré dans le parcours « Chemins de mémoire »

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Le fort de Queuleu appartient à la première ceinture fortifiée liée à la défense de la ville de Metz. Les travaux de construction, commencés par les Français pendant le Second Empire en 1867, ont été en grande partie repris par les Allemands pendant la première annexion suite à la défaite de 1870-1871. Le fort avait été occupé par les troupes françaises pendant le siège de la ville entre août et octobre 1870. Les casernes, poudrières, positions d’artillerie, batteries annexes, galeries de contre-mines, abris témoignent de l’évolution de l’architecture militaire et des progrès de l’armement entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Par ailleurs, la Caserne centrale de cavalier constitue un très important témoignage de l’architecture de type Serré des Rivières à Metz.

Avec la construction de la deuxième ceinture fortifiée de Metz à partir de 1899, le fort de Queuleu perd cependant de son intérêt stratégique et les aménagements qui y sont alors effectués sont légers. Le fort a donc conservé son aspect de la seconde moitié du XIXe siècle.

Pendant la Première Guerre Mondiale, un camp allemand de prisonniers de guerre français y est vraisemblablement installé mais les informations disponibles à ce sujet sont rares. Un réseau complexe de tranchées, conservé à l’extérieur de l’enceinte du fort témoigne des aménagements allemands liés à la défense de Metz entre 1914 et 1918.

Un camp de concentration nazi à Metz (1943-1944)

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, le fort sert de casernement pour les soldats de la Ligne Maginot. Suite à défaite de 1940, le fort est brièvement utilisé comme camp de détention pour prisonniers de guerre (Stalag). Puis entre mars 1943 et septembre 1944, le camp de concentration de Natzweiler-Struthof (Bas-Rhin) y installe une annexe (KZ-Außenkommando) principalement destinée au service des SS. Une centaine de prisonniers, principalement des Allemands de droit commun et des Polonais, y est rattachée. Certains participent à des travaux sur l’aérodrome de Metz-Frescaty. Il s’agit d’une des annexes de camp de concentration située la plus à l’ouest du Reich.

Un camp spécial au centre de la répression nazie en Moselle (1943-1944)

Entre octobre 1943 et août 1944, un camp spécial (Sonderlager) géré par la Gestapo est installé dans la Caserne II. Entre 1500 et 1800 prisonniers (femmes et hommes) y sont interrogés et internés avant d’être envoyés dans des camps de concentration (Natzweiler-Struthof, Dachau…), de redressement (Schirmeck) ou des prisons. Le camp spécial du fort de Queuleu voit l’internement de résistants, saboteurs, passeurs, réfractaires, otages et prisonniers russes. La plupart sont enfermés dans des cellules collectives surpeuplées, sans possibilité de se laver ni parler ni bouger sous la féroce surveillance des gardiens SS et du commandant Georg Hempen. Les chefs de la résistance sont isolés dans des cellules individuelles, cachots sombres et humides auxquels seul le commandant peut accéder. Les officiers de police « industrialisent » l’interrogatoire et utilisent la torture. Les conditions d’internement sont terribles et la plupart des prisonniers sont parqués les yeux bandés avec les pieds et mains liés. Trente-six personnes succombent dans le fort et quatre personnes réussissent à s’évader en avril 1944.

Un important témoin de la bataille de Metz (1944)

Lors de la libération de Metz, le fort connaît son baptême du feu entre le 17 et le 21 novembre 1944 lors de combats opposant l’armée américaine aux troupes allemandes assistées par le Volksturm (civils armés, vétérans de la Première Guerre Mondiale, membres de la Jeunesse Hitlérienne…) retranchées dans le fort. Ce dernier est bombardé et subit d’importants dommages avant de se rendre.

Un des plus grands Centre de Séjour Surveillé (1944-1946)

Un Centre de Séjour Surveillé est établi par l’administration française dans le fort entre décembre 1944 et mars 1946. D’abord réservé aux civils allemands et à leurs familles, le site sert aussi de lieu de détention aux internés administratifs arrêtés pour motifs de collaboration, propagande, antipatriotisme ou dénonciation (jusqu’à 4400 personnes y furent internées). Il s’agit d’un des centres les plus importants de ce type installé sur le territoire français. Des étrangers de différentes nationalités y sont internés (Allemands, Espagnols, Français, Italiens, Luxembourgeois, Polonais, Yougoslaves…).

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De gauche à droite : Grille d’entrée et entrée du camp spécial nazi – Cellules
– Partie endommagée par les bombardements de 1944 – Bureau du commandant
– Couloir du camp – Passerelle d’accès principale du fort de Queuleu.

Le lieu de mémoire (depuis 1971)

Situé à l’entrée du fort, le monument de la résistance et de la déportation, inauguré le 20 novembre 1977 marque l’entrée du lieu de mémoire. Cette flamme qui renferme les cendres d’un déporté inconnu a été réalisée par l’architecte messin de la reconstruction Roger Zonca qui participa à la reconstruction de la région.

Depuis 1971, la sauvegarde et la mise en valeur du fort de Queuleu à Metz est confiée à l’Association du Fort de Metz-Queuleu pour la mémoire des internés-déportés et la sauvegarde du site (anciennement Amicale des anciens déportés du fort de Queuleu et de leurs familles) constituée de bénévoles. Ses principales activités sont de :

maintenir des liens de fraternité entre les survivants internés au fort de Queuleu pendant la Seconde Guerre Mondiale et leurs familles,

recueillir, rassembler et transmettre les témoignages des prisonniers incarcérés au fort de Queuleu pendant la Seconde Guerre Mondiale,

rassembler les informations, documents et objets en relation avec les internés-déportés au fort de Queuleu,

contribuer à l’étude du fort de Queuleu depuis sa construction jusqu’à nos jours en menant des recherches historiques de terrain et en archives,

maintenir la mémoire des différents camps installés au sein du fort de Queuleu par l’administration nazie entre juillet 1940 et août 1944,

veiller à la sauvegarde et l’entretien du fort de Queuleu,

assurer les visites du fort de Queuleu,

alerter l’Etat, les collectivités territoriales et les institutions de l’état de dégradation du site et de leur responsabilité dans la conservation du site et de la mémoire,

organiser des événements mémoriels, culturels et patrimoniaux sur le site du fort de Queuleu,

participer aux commémorations officielles du souvenir de la déportation notamment par l’intermédiaire de ses porte-drapeaux, et

organiser des conférences, sorties et visites en relation avec la résistance, la répression nazie et la déportation.

Si vous souhaitez obtenir des informations sur un prisonnier ou si vous possédez des documents ou témoignages sur un prisonnier, n’hésitez pas à nous contacter (fort.metz.queuleu@gmail.com (link sends e-mail)/06 75 37 06 33). Dans le cadre des recherches historiques et de la documentation que nous rassemblons sur les prisonniers, ces éléments pourront nous être utiles. Nous pourrons, par exemple, réaliser des copies de ces documents pour notre documentation.
N’hésitez pas également à adhérer à l’association qui rassemble l’ensemble des familles apparentées à des prisonniers au fort de Queuleu.

Des journées de travaux ouvertes aux bénévoles sont régulièrement organisées pour l’entretien et la mise en valeur du site.

Pour visiter le site

Des visites guidées régulières de la Caserne II/Casemate A, assurées par les bénévoles de l’association, sont proposées le dimanche après-midi. Chaque visite dure environ une heure. Les visites sont gratuites mais les dons sont très appréciés afin de participer aux travaux d’entretien et de restauration. L’accès aux bâtiments est strictement interdit en dehors de ces visites (vidéosurveillance et alarmes anti-intrusion). Le parcours de santé et les sentiers balisés peuvent être utilisés aux horaires d’ouvertures du fort. Des visites spéciales peuvent également être organisées en semaine sur rendez-vous pour des groupes.

Fort de Queuleu
Rue du Fort de Queuleu/Allée Jean Burger
57070 Metz

Accès à la Caserne II/Casemate A à pied (350 m) depuis le parking et fléchage depuis la passerelle en bois.
Malheureusement inaccessible aux personnes à mobilité réduite à cause de la présence d’escaliers.

Chemins de mémoire

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