Conférences

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L’association du fort de Metz-Queuleu propose un cycle annuel de conférences et projections ouvert à tous.

Conférences et projections 2017 (à venir)

Vendredi 15 septembre 2017 – 19h30 – Grand Salon de l’Hôtel de ville de Metz (1 place d’Armes 57000 METZ) – Gratuit – 1945 : Des Indochinois en Lorraine – par Pierre Daum

Pierre Daum est un journaliste français, auteur d’enquêtes sur le passé colonial de la France, notamment l’Algérie et l’Indochine. Ancien journaliste à Libération, il collabore aujourd’hui au Monde diplomatique. Cette conférence fait écho à Albums de familles lorrains, restitution de résidence d’Ysé Tran présentée au  49 Nord 6 Est – Frac Lorraine, jusqu’au 5 novembre 2017.

Environ 20 000 « travailleurs indochinois » arrivent en France au début de la Seconde Guerre mondiale. Le service de la Main-d’œuvre indigène nord-africaine et coloniale (MOI) est chargé de recruter les travailleurs coloniaux requis, de les acheminer et de les mettre au service des industries de la Défense nationale. La majorité des recrutements est effectuée de force au sein de la paysannerie pauvre des protectorats de l’Annam, du Tonkin et de la colonie cochinchinoise. Ces ouvriers non spécialisés sont pour la plupart employés à des travaux forestiers, agricoles et industriels notamment dans les usines d’armement. Après la défaite française, ils sont logés dans d’immenses camps de la zone libre et soumis à une discipline militaire ainsi qu’à des conditions de vie très dures. À la Libération, la majorité de ces hommes aspire à un rapatriement rapide, reporté à cause de la désorganisation de l’après-guerre et des événements qui affectent l’Indochine française. A la souffrance de l’exil, succèdent alors l’exaspération et la colère. En 1945, plusieurs milliers d’entre eux sont envoyés dans les industries lorraines. Certains y resteront quelques années, d’autres toute leur vie. A Metz, le fort de Queuleu est utilisé  pour loger jusqu’à 500 de ces travailleurs.

Pour télécharger l’affiche de la conférence de Pierre Daum, cliquez ici.

Pour mieux connaître la biographie de Pierre Daum, cliquez ici.

Lundi 13 novembre 2017 – 19h30 – Grand Salon de l’Hôtel de ville de Metz (1 place d’Armes 57000 METZ) – Gratuit – Pour en finir avec Mein Kampf et combattre la haine sur Internet – par Philippe Coen

Guidé par la philosophie du respect et de la non-violence pour améliorer le climat des échanges numériques, Philippe Coen partage son énergie pour la défense de la dignité humaine et des droits fondamentaux.  Praticien du droit international, fondateur de Respect Zone (ONG de lutte contre la haine et les cyberviolences), il est co-auteur de plusieurs ouvrages (Pour en finir avec Mein Kampf, Internet contre Internhate. Plaidoyer pour le respect. 50 propositions pour détoxer les réseaux sociaux) et réalisateur du documentaire « La mémoire dans tous les sens ».

En janvier 2016, Mein Kampf est tombé dans le domaine public, 70 ans après la mort d’Adolf Hitler. L’application du droit d’auteur permet la libre republication, dans la plupart des pays du monde, d’un texte de haine, d’un programme pour le totalitarisme, la Seconde Guerre Mondiale et la Shoah. Philippe Coen propose une analyse du contenu du livre d’Hitler en retraçant son histoire éditoriale et juridique. Pourquoi Mein Kampf se vend encore dans de nombreux pays, parfois très largement ? Comment faire face à sa republication, et à sa diffusion sur Internet, espace virtuel où les messages de haine sont torrentiels et variés, depuis les insultes personnelles jusqu’à la vente d’ouvrages djihadistes ? Plusieurs solutions seront analysées, pour finalement retenir l’idée d’une responsabilisation à la fois des éditeurs et des lecteurs. L’insertion d’un avertissement pédagogique pour toute republication ou nouvelle traduction de Mein Kampf, ainsi que, de manière plus générale, l’affichage d’un label d’auto-modération sur les sites Internet doit être envisagée. Cette initiative originale a retenu l’attention de nombreux acteurs du Web et d’institutions telles que l’UNESCO, le Conseil de l’Europe, le ministère des Affaires étrangères et le ministère de l’Éducation nationale. L’originalité de ce travail tient au fait qu’il combine une réflexion historique et juridique en liant de nombreux sujets : la mémoire des crimes nazis, la résurgence de la haine, le rôle d’Internet dans la diffusion du racisme et de l’antisémitisme et la queston du droit d’auteur. Il offre enfin une réflexion plus générale sur la façon dont les démocraties peuvent se protéger, tout en garantissant la liberté d’expression.

Pour télécharger l’affiche de la conférence de Philippe Cohen, cliquez ici.

Pour en savoir plus sur le livre de Philippe Coen, cliquez ici.

Conférences et projections achevées (archives) 

Mercredi 19 avril 2017 – 19h30 – Grand Salon de l’Hôtel de ville de Metz (1 place d’Armes 57000 METZ) – Gratuit – La promesse de l’Est. Espérance nazie et génocide 1939-1943 – par Christian Ingrao

Comment les nazis ont-ils rêvé leur victoire et le « Reich de mille ans » ? Entre 1939 et 1944, l’utopie impériale nazie connut des débuts de réalisation dans les espaces conquis à l’Est, brutalement vidés de leurs habitants, déplacés, réduits en esclavage et, pour les Juifs, assassinés. Elle eut ses ingénieurs, ses agences et ses pionniers (pas moins de 27 000 jeunes Allemands). Elle suscita de la ferveur et de l’adhésion. Dans le Reich de mille ans aux frontières élargies par la conquête, une communauté racialement pure vivrait bientôt une existence réconciliée de prospérité sereine.

Christian Ingrao, chargé de recherche au CNRS spécialiste du nazisme et des pratiques de violence de masse, examine pour la première fois, dans leur cohérence et dans leurs tensions, le travail des différentes institutions, le parcours des hommes et des femmes qui y ont pris part, l’ampleur des planifications successivement dessinées. Il poursuit une anthropologie sociale de l’émotion nazie et dévoile, à côté de la haine et de l’angoisse, la part de la joie et de l’attente, deux faces d’une même réalité. L’espérance nazie fut le cauchemar des populations. C’est ce que révèle crûment l’étude des violences déchaînées à l’échelle de la région de Zamosc, aux confins de la Pologne et de l’Ukraine.

Pour télécharger l’affiche de la conférence de Christian Ingrao, cliquez ici.

Pour mieux connaître la biographie de Christian Ingrao, cliquez ici.

Pour écouter une présentation du dernier livre de Christian Ingrao, cliquez ici.

Pour découvrir un entretien de Christian Ingrao dans un documentaire sur la destruction des juifs d’Europe, cliquez ici.

Lundi 30 janvier 2017 – 19h30 – Grand Salon de l’Hôtel de ville de Metz (1 place d’Armes 57000 METZ) – Gratuit – Auschwitz : une ville, des camps – par Tal Bruttmann

Auschwitz est devenu le symbole à la fois des camps de concentration et de l’assassinat des Juifs, occupant aujourd’hui une place centrale tant d’un point de vue mémoriel qu’historique. Marqué par le gigantisme, qu’illustrent en premier lieu les chiffres – 1,3 million de personnes y ont été acheminées depuis toute l’Europe, dont 1,1 million y sont mortes –, le site fut à la fois le plus important des camps de concentration et le plus meurtrier des centres de mise à mort de la « solution finale ». Pourtant, il s’agit d’un lieu d’une rare complexité, qui n’est pas limité au camp de concentration, mais est constitué d’une multitude d’espaces – camps de concentration, centre de mise à mort, industries de tous types – articulés autour de la ville d’Auschwitz, désignée par le régime nazi pour devenir un modèle de développement urbain et industriel au sein du IIIe Reich. C’est dans cet espace que se sont croisées et concentrées politiques répressives contre différentes catégories de populations (Polonais, Tsiganes, Soviétiques…), politiques d’assassinat, dont la plus importante fut celle menée contre les Juifs, mais aussi politiques de colonisation et de développement industriel, conférant à Auschwitz une dimension sans égale.
Tal Bruttmann est un historien français dont les travaux portent sur les politiques antisémites en France pendant la guerre et la « solution finale » en Europe. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages notamment « La Logique des bourreaux » (2003), « Au bureau des Affaires juives » (2006) et « Auschwitz » (2015).

Pour télécharger l’affiche de la conférence de Tal Bruttmann, cliquez ici.

Pour écouter une émission où l’historienne Annette Wieviorka recoit Tal Bruttmann, cliquez ici.

Pour écouter Tal Bruttmann dans une émission sur la spoliation des juifs par les nazis, cliquez ici.

Pour mieux connaître la biographie de Tal Bruttmann, cliquez ici.

Vendredi 20 janvier 2017 – 20h00 – Cinéma Caméo Ariel (24 rue du Palais 57000 METZ) – Participation libre – Une histoire oubliée. Les travailleurs indochinois en Lorraine – un film de Ysé Tran avec la collaboration de Pierre Daum.

Projection en avant-première suivie d’un débat avec l’équipe du film et les descendants de travailleurs indochinois.

Afin de remplacer la main-d’œuvre mobilisée, le « plan Mandel » élaboré en 1938 par Georges Mandel alors ministre des colonies prévoyait la mobilisation de travailleurs coloniaux destinés à renforcer les manques liés à la mobilisation des hommes. Environ 20000 travailleurs indochinois arrivent en France au début de la Seconde Guerre Mondiale. Le Service de la main-d’œuvre indigène nord-africaine et coloniale (MOI) est chargé au sein du ministère du travail de recruter les travailleurs coloniaux requis, de les acheminer par bateaux et de les mettre au service des industries de la défense nationale. La majorité des recrutements est effectuée de force au sein de la paysannerie pauvre des protectorats de l’Annam, du Tonkin et de la colonie cochinchinoise. Ces ouvriers non spécialisés sont pour la plupart employés à des travaux forestiers, agricoles et industriels notamment dans les usines d’armement et les poudrières. Après la défaite française, ils sont logés dans d’immenses camps de la zone libre et soumis à une discipline militaire ainsi qu’à des conditions de vie très dures. À la Libération, la majorité de ces hommes aspire à un rapatriement rapide, reporté à cause de la désorganisation de l’après-guerre et des événements qui affectent l’Indochine française. Quelques centaines de travailleurs indochinois stationnent dans le fort de Queuleu entre 1948 et 1950 : 537 en octobre 1948, 438 en décembre 1948, 323 en mars 1949, 296 en avril 1949, 188 en mai 1949, 163 en août 1949, 176 en septembre 1949, 213 en octobre 1949, 156 en décembre 1949, 191 en janvier 1950, 35 en avril 1950 (les rapatriements vers le Viet Nam s’accélèrent à cette période), 79 en mai 1950. A la souffrance de l’exil, succèdent alors l’exaspération et la colère. En écho au mouvement indépendantiste vietminh en Indochine, les travailleurs indochinois revendiquent en métropole leur émancipation et l’égalité des droits avec les autres travailleurs. Quelques graffitis témoignent encore aujourd’hui de leur présence dans le fort de Queuleu.

Pour voir la bande annonce, cliquez ici.

Pour télécharger l’affiche de la projection, cliquez ici.

Pour en savoir plus sur les travailleurs indochinois, cliquez ici.

Article du Républicain Lorrain du 01/12/2015.

Article du Républicain Lorrain du 20/12/2015.

Article du Républicain Lorrain du 12/09/2016.

Article de L’Est Républicain du 12/01/2017.

Vendredi 22 avril 2016 – 19h30 – Salon de Guise de l’Hôtel de ville de Metz (1 place d’Armes 57000 METZ) – Gratuit – Le groupe « Mario » et la création du camp SS de Queuleu – par Cédric Neveu, historien.

Organisation de Résistance fondée par l’instituteur Jean Burger et le cheminot Charles Hoeffel, le groupe « Mario » maille une grande partie de la Moselle et diffuse une importante propagande. A partir de juillet 1943, un Kommando de la Gestapo de Metz organise sa destruction en opérant quelques 800 arrestations. Pour interner ces « terroristes », les interroger et les torturer, la police allemande fonde un camp spécial SS où 36 détenus périssent dans des conditions effroyables.


Vendredi 9 septembre 2016 – 19h30 – Grand Salon de l’Hôtel de ville de Metz (1 place d’Armes 57000 METZ) – Gratuit – La restauration du camp de concentration de Natzweiler-Struthof  par Frédérique Neau-Dufour, directrice du Centre européen du résistant déporté.

En 2014, une campagne décennale de restauration architecturale a débuté sur le site de l’ancien camp de concentration de Natzweiler (Alsace). La baraque prison et celle du crématoire, usées par le climat rigoureux et par le passage des visiteurs, viennent d’être remises en état. En 2017, la nécropole et le monument mémorial seront à leur tour nettoyés et consolidés. Puis viendront les miradors, la chambre à gaz, les cuisines… Frédérique Neau-Dufour, directrice du Centre européen du résistant déporté, vous invite à débattre sur ce chantier pas comme les autres, où le poids de l’histoire reste prégnant. Financée par l’Etat (Ministère de la Défense) et par les anciens déportés du camp (Commission exécutive), cette vaste opération, mise en œuvre par l’ONACVG, est dirigée par un architecte en chef des monuments historiques. Son but : préserver des bâtiments construits il y a 70 ans de façon assez rudimentaire, ainsi que des monuments mémoriels à leur tour vieillissants. Mais la campagne de restauration a également pour objectif de restituer son authenticité visuelle à un site profondément transformé depuis 1945. Les enjeux d’une campagne de restauration sont nombreux. Financiers, bien sûr, mais avant tout mémoriels : que signifie restaurer un ancien camp de concentration ? Faut-il vraiment accorder tant de soin à un lieu qui fut un enfer ? Si la volonté de préserver les lieux du crime nazi est un choix politique, le déroulement du chantier se heurte à des réalités très matérielles. Comment refaire les baraques à l’identique sans donner l’impression du neuf ? Quelles étaient les couleurs originelles des murs ? Comment les ouvriers ressentent-ils le fait d’intervenir des jours dans des bâtiments si chargés de terreur ?

Pour télécharger le communiqué de presse de la conférence, cliquez ici.

Pour télécharger les illustrations du communiqué de presse en haute définition (crédits photos : Centre européen du résistant déporté).

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